L'antériorité du métier de comportementaliste
Merci à Michel Chanton de m'avoir fourni ces données et de m'autoriser à les publier

 

De plus en plus de comportementalistes sont victimes d'agressions de la part de certains vétérinaires, ou de dresseurs, voire même d'éducateurs comportementalistes (si si !). Pourtant, au vu des éléments ci dessous, il est clair que les comportementalistes bénéficient de l'antériorité de la profession de spécialiste des relations Homme / Chien. Jugez plutôt :

bullet "LA SEMAINE VETERINAIRE" n° 433, 29 novembre 1986, un article signé du Dr Alain GANIVET,  intitulé "le comportement social du chien" évoque le travail du centre canin d'étude et de formation de Gardeloup, dirigé par Michel Chanton.

"Les films vidéo exposant le travail effectué au "centre canin d'étude et de formation de Gardeloup" ont laissé rêveur plus d'un congressiste."

Il n'y a rien à ajouter à la formule du Dr Ganivet....lui même fait référence au travail de l'éthologiste formateur de comportementalistes. Quid des vétérinaires comportementalistes ? ils n'existent pas encore....
 

bullet Le terme de comportementaliste est utilisé depuis 1982, il figure dans un journal de la profession vétérinaire “ la semaine vétérinaire” qui annonce, dans son numéro du 9 juin 1990 un colloque intitulé “la collaboration entre le vétérinaire et le comportementaliste”,  à Montereau. On constate donc que dès 1982, soit depuis plus de 26 ans, les vétérinaires connaissent l'existence des comportementalistes et différencient les deux professions puisque c'est précisément le thème du colloque. Aujourd'hui par contre, ils préfèrent réunir les deux professions en un seul titre et estiment que seuls les "vétérinaires comportementalistes" ont le droit de se revendiquer comme tels..
 
bullet En avril 1995, Monsieur J.M. MICHAUX, enseignant et chercheur à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons Alfort présente un rapport au Ministère de l'Agriculture dans lequel il déplore l'absence de formation en éthologie des vétérinaires. Voici quelques extraits du "RAPPORT SUR L'ANIMAL ET LE CITADIN", pour vous permettre de vous faire votre propre opinion :

 page 29 : un premier handicap : la formation .....

"......Actuellement il existe peu de statistiques relatives à ce sujet . Mis à part les Ecoles Vétérinaires exclusivement spécialisées dans les soins des animaux (que ce soit les animaux de compagnie ou les animaux de rente),  il n’existe que peu de centres de formation........."

.".......Actuellement le nombre de formations existantes est faible dans le secteur public........"

"................un second handicap à la mise en place de ces formations est l’absence de véritables enseignants. Actuellement, dans les formations existantes il est fréquemment fait appel à d’anciens Maîtres-chiens militaires ( note : à cette époque existait le Centre d’Etudes du Comportement du Chien, dirigé par Michel CHANTON. ). Déjà, en 1995, Michel CHANTON intervenait dans le cadre du Festival Animalier International de Rambouillet - Bergerie Nationale.

bullet En Août 1995, Monsieur J.P.HOUBART, Vice Président du Conseil Général Vétérinaire au Ministère de l’Agriculture présente un rapport  titré “ L’ANIMAL DANS LA VILLE “. Il évoque l'existence du Centre dirigé par Michel CHANTON, éthologiste, formateur de comportementalistes. Il s'agit donc là encore, de la reconnaissance, par un vétérinaire, de l'existence des comportementalistes, et mieux encore, de la collaboration qui peut avoir lieu entre eux.

extrait du numéro spécial du “BULLETIN DU CONSEIL GENERAL VETERINAIRE” août 1995 :  Monsieur J.P. HOUBART citait divers groupes d’étude des animaux familiers et des nouveaux animaux de compagnie, dans la profession vétérinaire mais précisait, page 62 “ Les vétérinaires ne sont du reste pas les seuls à suivre de près ces questions et il existe par exemple un “centre d’étude du comportement du chien”- CECC 77130 St Germain Laval- qui s’intéresse aux interactions entre l’homme et le chien et étudie en particulier les anomalies du comportement chez cet animal, dues au milieu. Ce centre a pour but de former des conseillers techniques (les premiers comportementalistes) aptes a travailler, en collaboration avec la profession vétérinaire, au traitement des pathologies comportementales non accompagnées de troubles organiques”
 

bullet Recherche et communication commune au colloque international de Genève, en 1995, sous la direction et avec le Professeur MONTAGNER thème “ le chien et l’enfant”.  Là encore, se côtoient amicalement sociologue, éthologue, vétérinaire....
 
bullet le terme "comportementaliste" est déposé à l’INPI par Michel CHANTON en 2001
 
bullet les comportementalistes qui ne sont pas vétérinaires sont nombreux en France, il existe d’ailleurs des formations dont les responsables sont enregistrés comme formateurs, par la Direction du Travail et de la Formation Professionnelle, au vu de l’intitulé et du programme de formation de comportementaliste.  il n’existe aucune relation entre la “médecine” vétérinaire et la profession de comportementaliste, ce dernier s’intéressant à la relation entre la famille et l’animal, et non à la santé de l'animal.
 
bullet les comportementalistes ne nient pas des troubles organiques peuvent être  à l’origine des problèmes comportementaux, anomalie cérébrale, ou déficience hormonale par exemple, qui ne peuvent en aucun cas être du ressort d’un comportementaliste. Nous n'avons jamais nié cette possibilité. D'ailleurs, les comportementalistes sérieux exigent que le chien de leurs clients soit examiné par un vétérinaire pour s’assurer de la bonne santé de l’animal.
 
bullet Rappelons qu'il n'existe que depuis 1998 un diplôme de vétérinaire comportementaliste dispensé par les écoles vétérinaires françaises, alors que les premières comportementalistes sont apparus en 1982, donc 16 ans auparavant.
 
bullet Nous convenons volontiers que la situation a changé depuis 1995 dans la profession vétérinaire, mais il est pour le moins scandaleux de prétendre réserver la profession de comportementaliste aux seuls vétérinaires...On se demande de quel droit, d’ailleurs. C'est une atteinte à la liberté du travail, et comme dirait le Professeur Queinnec "l'incroyable arrogance des vétérinaires...."
 
bullet 
" Des personnes privées dont la compétence est parfois sujette à caution exploitent également ce créneau, dans des conditions souvent proches de l’exercice illégal de la médecine vétérinaire et il convient bien évidemment d’être vigilant sur ce point."
 De nombreuses personnes de bonne foi, souhaitant apprendre le métier de comportementaliste, se retrouvent à suivre des cours de dressage, de rééducation des comportements (comment peut on "rééduquer" un comportement ? un comportement s'éduque t il ?
 
bullet En mai 1999 deux vétérinaires agissant comme rapporteurs à la demande du ministère de l’agriculture ont conduit une enquête visant à recenser les différents professionnels s’intéressant au comportement du chien. Des comportementalistes ont été reçus par les rapporteurs, notamment par le Dr FONTBONNE, vétérinaire, qui a pris note de l’antériorité des comportementalistes non vétérinaires.
 
bullet Nous sommes d’accord avec certains vétérinaires : nous déplorons tout autant qu'eux  l’existence et l’action souvent néfaste de “pseudo comportementalistes”. Les exemples d’incompétence ne manquent pas, en voici deux :

- Il a été conseillé au propriétaire d’un chien de coucher celui-ci sur le flanc, puis de le placer sur le dos, ce chien “ ne connaissant pas la posture de soumission” ( dixit le prescripteur ) la manipulation étant donc destinée à lui “enseigner” cette posture. Cette prescription n’aurait pu être que la démonstration d’une incompétence navrante, mais elle a conduit à l’hospitalisation en urgence du propriétaire du chien, gravement mordu et à la mort du chien, qui a payé de sa vie l'incompétence du conseiller.

Une caresse de ma môman..qu'est-ce qu'il y a de mieux ?!

- On peut citer également les propos d’un” éminent spécialiste du comportement du chien” considérant que le chien qu’il examinait souffrait de troubles “comparables à ceux connus chez l’enfant sous le terme d’autisme”....La personne qui utilise des noms de pathologies réservées à l'humain dispose d'une incroyable arrogance, en totale opposition avec la notion scientifique, puisqu'elle utilise un anthropomorphisme flagrant.

Dans ces deux exemples les preuves existent concernant ces propos tenus.

Navrant, n’est-ce pas ? et d’autant plus que les auteurs ne sont pas des “pseudo” mais des vétérinaires - comportementalistes.

Nous voulons croire qu’il est possible d’exercer tant la profession de comportementaliste que celle de vétérinaire. Un peu de courtoisie, d'humilité et moins de suffisance y suffirait.

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