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Vétérinaire homéopathe et comportementaliste : une collaboration réussie
Lorsque les propriétaires de Queen me contactèrent pour la première fois, ils étaient à bout de nerfs. Leur braque allemand de 3 ans était d’après eux incontrôlable, nerveux, tendu en permanence. Il ne supportait pas l’absence de ses maîtres, son anxiété se traduisant par des destructions, des hurlements et des gémissements. Il venait d’arracher une porte en bois dans une chambre d’hôtel où ses maîtres l’avaient laissé seul quelques minutes à peine. Il avait une façon toute particulière d’accueillir les visiteurs, même les amis, qui avait mis plus d’une fois ses propriétaires mal à l’aise. Au cours de
l’entretien avec tous les membres composant le système familial, je pus prendre
la mesure exacte des difficultés rencontrées. Queen entendait garder le contrôle
de sa meute : se couchant en travers de mon chemin, il m’interdisait de circuler
dans la pièce, avait attrapé ma veste et mon stylo et s’amusait beaucoup des
tentatives inutiles de ses maîtres pour les récupérer.
Sans me préoccuper des gesticulations du chien, j’expliquais à toute la famille les bases du fonctionnement normal d’un chien et leur détaillais en quoi certaines de leurs attitudes -incompréhensibles pour Queen- généraient des réactions non souhaitées de sa part. Je leur proposais immédiatement des changements : ils devaient dorénavant se comporter en leaders, poser et faire appliquer leurs nouvelles règles calmement mais assurément. Pour commencer, la gamelle de nourriture n’était plus laissée à la disposition du chien, ses incessantes demandes de jeux et de câlins n’étaient plus récompensées, ses lieux de couchage furent déplacés. Le bilan téléphonique qui suivit quelques jours plus tard ne fût pas brillant : Queen résistait fortement aux changements, avec l’apparition d’une nouveauté : il faisait dorénavant ses besoins dans la maison. Ce comportement n’était pas à proprement parler inquiétant, au contraire : c’était la preuve que le chien sentait la situation évoluer, que ses maîtres prenaient peu à peu le dessus, et il résistait au maximum en leur faisant bien comprendre qu’il entendait garder le contrôle. Les propriétaires étaient excédés et déçus de ne pas voir apparaître des améliorations. Je m’aperçus qu’il ne serait pas aisé d’arranger la situation aussi rapidement que souhaité par les propriétaires, et que leur seuil de tolérance risquait vite d’être atteint. C’est pourquoi je leur proposais de faire appel à un vétérinaire homéopathe, afin de soutenir la thérapie comportementale en cours avec un traitement médical léger. Les fleurs de Bach, les granules et préparations homéopathiques aidèrent toute la famille, y compris le chien, à mieux supporter le travail de longue haleine que je recommandais. En quelques semaines, Queen avait beaucoup moins de sautes d’humeur et supportais moins mal les trajets en voiture. Ces petites améliorations suffirent à redonner du courage aux propriétaires, qui mirent un point d’honneur à faire évoluer le comportement de leur compagnon. Quelques mois plus tard, les résultats étaient flagrants. Le traitement médicamenteux, quel qu’il soit, ne remplacera jamais une thérapie, mais il peut venir en soutien, alors qu’un travail de profondeur est entrepris. L’histoire de Queen est un exemple d’une collaboration réussie entre vétérinaire homéopathe et comportementaliste. Laurence Bruder Sergent comportementaliste pour SANTE PRATIQUE ANIMAUX avril 2004
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