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| | LES CAUSES DE PERTURBATIONS
DU COMPORTEMENT : pourquoi un chien se met-il à mal se comporter ?

Les causes de perturbations du comportement du chien familier,
pouvant générer des problèmes de comportement sont
multiples et variées. Voici une petite liste, non exhaustive, des facteurs qui
peuvent avoir une incidence sur ses attitudes :
 | dans
l'élevage
: cela peut être le classique syndrome de
privation (aussi appelé syndrome de privation sensorielle, ou encore
syndrome du chenil), qui installe une
perturbation du comportement social du chien, c'est même un obstacle à
l'installation d'un comportement social normal, mais ce n'est pas le seul.
Il y aussi la peur : une peur intense à
l'élevage peut
modifier un comportement. Une peur violente ne va pas forcément modifier de façon
systématique les réactions de l'animal, mais il risque d'avoir des réactions
de peur dans des situations qui lui rappelleront celle dans laquelle
il a eu peur.
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 | La
maladie :
la souffrance, la douleur, une infirmité (surdité par exemple)
peuvent être un obstacle au comportement social normal. Il ne faut pas le
voir comme une pathologie de comportement. Un chien sourd d'une oreille ne
parvient pas à déterminer l'origine d'un son, c'est un frein à
l'expression du comportement social.
Mais ce chien n'est pas "malade" au point de devoir être soigné,
par contre, son entourage doit s'adapter à son handicap.
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 | le
mode de vie chez le propriétaire
: certains changements peuvent avoir une influence sur le chien,
générer de l'anxiété, perturber la relation dans le système familial. Un
mode de vie incompréhensible pour le chien, des incohérences, des ambiguïtés
parfois mal vécues par le chien. Face à ce qui
est difficile à supporter pour lui, il ne sait pas quel comportement
adopter, et cela génère une incompréhension. L'ambiguïté n'existe
pratiquement pas dans la nature, ou si elle existe, elle ne peut pas durer longtemps. Donc le chien ne peut pas comprendre.
La question à se poser n'est pas "qu'est ce qu'il a" mais
"qu'est ce qu'on lui fait". Attention,
cela ne devient pas forcément pathologique pour autant. Exemples : |
L'inadéquation
des codes utilisés : des millions de personnes possédant un chien
ne connaissant pas les codes sociaux du chien et font des erreurs,
involontairement. Parfois le chien réussit à s'adapter aux codes de ses maîtres,
parfois pas. C'est alors qu'ils viennent consulter un comportementaliste. Pour
rendre les choses plus claires, on peut leur proposer de transposer la situation
à une meute de chiens : est ce que cela se passerait de la même façon dans la
nature ?
Des
problèmes
de communication peuvent
entraîner des renforcements de comportements qu'on voulait voir disparaître :
caresser un chien alors qu'il grogne -> le chien apprend que lorsqu'il
grogne, on le caresse.
Ou de mauvaises interprétations de comportements : ils
confondent attitude de soumission et signe de culpabilité ("il sait qu'il
a mal fait et en plus il continue !").
Comment le chien pourrait il éprouver
un sentiment de culpabilité ? coupable de quoi ?
De ne pas répondre à des
codes d'une espèce différence, et qu'il ne comprend pas !
De même, si le
chien ne répond pas à un ordre, ils vont tout de suite penser à une volonté
du chien de ne pas obéir, à une volonté du chien de leur nuire : ils ne
pensent pas que le chien n'a peut être pas compris.
Le double
rôle du chien :
les attentes des propriétaires sont parfois incohérentes : il faut qu'il soit
protecteur mais pas trop : il doit aboyer quand quelqu'un vient, mais pas
menacer. Il doit menacer mais pas montrer les dents. " Je veux qu'il me
protège, mais pas qu'il grogne ". Il doit montrer les dents mais pas
mordre etc….
Les
conseils "bateaux" :
tout ce qu'on
leur a dit : "il faut mettre sa main dans sa gamelle". Suite à cela,
2 possibilités peuvent se présenter : soit le chien accepte la chose et attend
que ça se passe, soit il ne tolère pas qu'on vienne lui retirer son repas
alors que c'est à lui. Puisqu'on l'a laissé commencer à manger et qu'on lui a
donné nous même à manger, il y a droit. Il peut alors se mettre à
menacer, ce qui sera très mal vu par les propriétaires " il veut mordre
la main qui le nourrit " -> incompréhension des 2 côtés. Or, le chien
a du attendre pour avoir à manger, on lui donne à manger, et quand il commence
à manger, on lui retire. C'est incompréhensible pour lui. Alpha ne ferait
jamais cela dans la nature, c'est un comportement que les animaux n'ont pas
(voir chapitre sur la hiérarchie).
Il faut aussi absolument respecter la distance critique
quand le chien mange : il voit arriver quelqu'un dans sa distance critique, il ne peut
pas abandonner sa gamelle puisqu'il est en train de manger -> cela va générer
une situation d'incompréhension de sa part (situation anxiogène)
voire de conflit -> il peut se mettre à menacer, et dans ce cas, il a raison.
Les gens ont parfois du mal à concevoir que le chien peut menacer et
avoir raison ! Donc, toujours laisser le chien manger au calme, sans une
personne pour le déranger ou le menacer.
La
répression de tous les comportements naturels du chien, chien
qui na pas le droit de sentir mauvais, de se gratter, de se lécher, de chercher
une place confortable où prendre place, qui dérange ici, et ne te met pas
là....et
ne mange pas ça, et ne monte pas sur cette chienne, tu me fais honte !

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le
dressage
: Ce n'est pas
avec un collier et une laisse qu'on voit qui est alpha. Contrairement
à une idée reçue, le dressage ne résout pas les problèmes de hiérarchie,
alors que les gens attendent cela du dressage -> on va dresser le chien,
oui, mais cela ne va pas lui faire
comprendre qui est alpha. Il peut très bien passer une journée sur un
terrain et obéir au doigt et à l'œil, et en rentrant à la maison, le
chie n saute sur le lit. Il ne faut pas confondre hiérarchie, autorité
et soumission.
Il y a souvent confusion entre obéissance et hiérarchie : un dominé
peut très bien obéir à alpha sans que cela signifie soumission de sa part. L'obéissance,
c'est se conformer à un ordre donné. Ce n'est pas ce que fait alpha : alpha
est dans un registre de menace (parfois très subtil) qui donne le résultat
de soumission. Si vous travaillez en entreprise, vous obéissez à votre chef,
parce que c'est le contrat : vous êtes payé pour cela. Lui êtes vous pour
autant soumis ? Non...C'est la même chose avec le chien :
il obéit sur le terrain de dressage parce qu'il n'a
pas le choix : non seulement il est en laisse, mais en plus, il risque une
sanction physique (de la part de son maître ou carrément de "l'éducateur"
(pas du tout éducateur, pour le coup !!) s'il ne se conforme pas à l'ordre
donné. Il a donc tout intérêt à obéir. Mais ce n'est pas parce qu'il se
couche sur un terrain de dressage qu'il accepte le leadership de ses
propriétaires à la maison.
Le tort
est de considérer le résultat efficace d'une communication en situation
d'autorité (on donne un ordre au chien, le chien apparemment comprend
l'ordre et produit le comportement attendu), comme le fait que chien est devenu obéissant.
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Certaines
lectures :
il existe quantité d'ouvrages consacrés à la race d'un chien. Ces
descriptions de caractéristiques d'une race, si elles évoquaient une
explication, des éclaircissements des comportements du chien et les
traitaient comme étant propres à toute l'espèce canine, ce serait
parfait. Mais ce n'est pas le cas : chaque livre décrit ce qu'il croit être
le comportement propre à une race. Certaines personnes peuvent le croire et
donc être très déçues face à la réalité. Cela peut amener des conséquences
plus ou moins dramatiques (morsures etc.), des déconvenues, voire des
abandons. Ce sont des indications douteuses, parfois fausses, qui vont prêter
à confusion (le doberman est
intrépide, a les nerfs solides et est protecteur. Vraiment ? Cela peut se dire d'aucun
ou de tous les chiens).
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Le
dressage au mordant :
"il en a besoin", "un chien, c'est fait pour
mordre", "c'est naturel" etc. On entend souvent ce genre de
propos de la part des amateurs de mordant. En tant que comportementaliste,
j'estime que c'est modifier un comportement initial qu'est l'inhibition de
la morsure. Le chien est tout à fait capable de doser la morsure, il mord
juste ce qu'il faut. La preuve, une femelle qui transporte ses petits, deux
chiens qui jouent ensemble, attrapent une balle sans la percer etc.
Or, dans le dressage au mordant, on demande au chien de ne pas lâcher, de
mordre fermement et de tenir la morsure. Dans la nature, ce type de morsure
est faite pour tuer la proie, dans le cadre d'un comportement de prédation
: elle sert à serrer, immobiliser, voire briser les os, tuer la
proie. Si le chien mord dans un cas de hiérarchie, il y a une morsure
unique. Or, dans le mordant, on lui apprend qu'une morsure, pour être
efficace, doit être dure et tenir : on modifie un comportement normal du
chien, ce qui peut avoir des conséquences tragiques ! à déconseiller
donc.
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Les
modifications anatomiques :
ce sont les modifications de l'aspect du chien pour répondre aux attentes de
l'acheteur : autectomie ou caudectomie
(coupe des oreilles et ablation de la queue) qui peuvent avoir des conséquences
diverses. C'est une mutilation de convenance, parce que les juges et
éleveurs ont décidé que telle race devait avoir elle caractéristique.
Heureusement la loi est en train de changer. Il nous faudra simplement un
peu de temps pour nous habituer à un doberman avec ses oreilles et sa queue.
Et alors ? Si c'est mieux pour le chien et que cela ne fait que bousculer
nos petites habitudes.... cela importe peu ! Non ?
Les
oreilles et la queue participent beaucoup à la communication inter espèces :
rien que leur absence de mouvements peut favoriser les accidents -> une mauvaise
communication entre chiens et avec des humains peut générer des conflits.
L'échec de communication peut traduire des incompréhensions du maître (qui
n'a pas constaté la peur de son chien qui plaque les oreilles qu'il n'a plus
-évidemment !- ou replie la queue sur l'abdomen -difficile à matérialiser
sans queue !!), puis
des sanctions sur le chien qui ne comprendra pas pourquoi il est sanctionné,
la tension monte entre les
2,
et la mayonnaise prend. Tout cela à cause d'une erreur de
communication.
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toute
pathologie engendrant une douleur ou un amoindrissement d'un des sens
: il vaut mieux consulter un vétérinaire afin d'écarter
toute cause de pathologie dans le changement de comportement du chien. Les
causes biologiques sont les plus faciles à détecter ou éliminer,
il vaut donc mieux payer une consultation chez le vétérinaire plutôt
que chercher pendant des semaines les raisons d'un comportement dont on ne
peut pas trouver la cause puisqu'il n'a pas été ausculté.
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les
fausses interprétations :
un comportement de soumission interprété
comme signe de culpabilité, l'apaisement qui suit une agression (le plus
souvent léchage du chien après avoir mordu) interprété comme "il
sait qu'il n'aurait pas du me mordre, c'est sa façon de s'excuser"
etc.
En général, cette attitude est comprise de travers par les propriétaires. Ainsi, la
menace est mal nommée : on parle d' " agressivité ". Mot souvent
utilisé, et de façon inappropriée.
Une menace, si elle fait partie de
l'agression, n'est pas en soi une agression : il peut s'agir d'un
comportement normal et pas pathologique (le chien n'est pas devenu pour
autant un psychopathe). Le but de la menace n'est pas d'être agressif,
c'est justement de ne pas passer à l'acte.
Si le maître répond par une menace plus forte, le chien peut très
bien se soumettre. Idem pour la
soumission, interprétée comme le signe de la culpabilité " il a
compris ", alors que le chien ne fait que se soumettre, cela ne prouve
aucunement qu'il a compris. Voir le chapitre "agression".
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les
types d'élevage :
est il encore nécessaire de le rappeler : les premières semaines de la vie
du chien sont cruciales. En fonction de son lieu de naissance, de son
entourage, de la façon dont
sa mère l'éduque, dont les éleveurs le
traitent, des stimulations qu'il reçoit, son caractère sera différent. Il
y a les élevages industriels, propres et aseptisés, où le chien ne verra
pratiquement jamais un enfant ni n'entendra le bruit d'appareils
ménagers, ou au contraire au fond d'une cave où il sera privé de
lumière du jour, et des même stimulations citées plus haut. Il y a aussi
des élevages familiaux qui font de l'excellent travail, et dont les
éleveurs s'impliquent totalement dans l'éducation des chiots : ils les
emmènent en ville pour les familiariser aux voitures, leur mettent des
jouets à disposition, les stimulent, les socialisent aux autres espèces
etc. Tout cela n'est pas sans conséquence pour le futur adulte...
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le
cas du chien adopté
dans un refuge (SPA ou autre) : il s'est produit un événement
traumatisant pour le chien, qui n'est pas forcément celui que l'on croit.
Le chien a été la plupart du temps abandonné, ce qui signifie qu'il y a
eu errance puis capture par une société protectrice des animaux.
Puis des chiens entassés dans des boxes, alors que le sujet abandonné n'avait pas forcément
l'habitude des contacts entre chiens avant l'abandon. Plus le passage des
visiteurs qui s'arrêtent devant les grilles, parlent aux chiens, les
taquinent derrière les barreaux... Tout cela est très perturbant pour
le chien.
On
peut conseiller aux gens qui ont adopté un chien à la SPA la
plus grande patience et de ne surtout rien faire à l'arrivée du chien dans
le foyer : laisser le chien à la maison, lui donner à boire
et
à manger, le solliciter au minimum (à moins que ce ne soit lui qui cherche
le contact). Ne surtout pas l'appeler, tenter de le motiver, le laisser
tranquillement identifier les lieux, le contexte, les personnes qui
l'entourent. Cela peut prendre une journée ou plus, mais il faut être
patient, ne lui demander grand chose tout de suite, sur le plan obéissance
aussi. Ne pas trop exiger trop vite et trop de choses, lui laisser le temps
de s'adapter à sa nouvelle vie.
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Bravo
! Vous êtes arrivés au bout de ce long chapitre. C'était fastidieux pour vous
n'est ce pas ? Mais admettez que c'est tout de même passionnant d'apprendre
tant de choses !
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