Comment expliquer les problèmes de comportement des chiens ? 1/3
Les comportementalistes qui cherchent à comprendre les raisons des comportements non souhaités des chiens, s’intéressent à plusieurs origines possibles.
En premier lieu, il s’agit de
rassembler le maximum d’informations sur le passé du chien. Quelles ont été ses
conditions d’élevage ? a-t-il eu la possibilité d’expérimenter différents
stimuli ? de faire les rencontres et les apprentissages souhaitables pour
devenir un futur chien équilibré ?

Malheureusement ces informations ne sont pas toujours accessibles en totalité. Il faut alors chercher d’autres explications possibles dans l’environnement et le contexte de vie de ce chien-là, dans ce milieu familial particulier.
Nous chercherons par exemple à nous assurer si les reproches qui sont faits sont justifiés. Par exemple, si l’animal à qui on reproche d’être ingérable est un représentant d’une race à tendance très sportive mais qu’il n’est pas assez promené par ses maîtres, on proposera à ceux-ci de lui permettre de se dépenser davantage.
Quelques réajustements suffisent à alléger les tensions, dans des cas comme celui-là, quand de simples incompréhensions mutuelles altèrent provisoirement les relations entre Homme et Chien.
Un échelon au dessus
Mais si le chien a des attitudes extrêmes lorsqu’il est laissé seul, que ce soit en émettant des vocalises, en détruisant tout ce qui passe à sa portée dans l’habitation ou en faisant ses besoins, c’est visiblement parce qu’il ressent une grande détresse. Celle-ci ne peut se résoudre avec deux ou trois conseils sommaires. De la même manière, si un chien est agressif envers les humains, ses propriétaires ou des inconnus, s’il a des peurs qui l’empêchent de vivre sereinement, un suivi personnalisé s’avère alors indispensable pour aider les maîtres à solutionner cette problématique.
L’environnement est déterminant
Au même titre que les conditions de développement, la pression façonnante de l’environnement dans lequel est placé l’animal est à examiner en priorité, car c’est d’abord dans son contexte de vie que se trouve l’origine de bon nombre de problèmes.
Ce sont en effet les comportements des maîtres, le rythme de vie, les habitudes, les contraintes inutiles, les pressions qu’ils imposent (parfois de manière tout à fait involontaire !), qui font que certains individus canins n’arrivent pas à s’adapter.
Si pour comble de malchance, les conditions de développement du chiot n’ont pas été optimales, tout est réuni pour que l’animal développe des comportements non souhaités. Souvenons-nous que les premières semaines sont déterminantes pour tout le reste de la vie du chien : toutes ses acquisitions (bonnes ou mauvaises) auront des conséquences sur sa manière de faire face aux différents évènements qu’il rencontrera. Mais un environnement apaisant a des vertus sécurisantes qui rassurent et réduisent les angoisses de bon nombre de chiens.
Laurence Bruder Sergent pour les DNA, ATOUT CHIEN et frenchtoutou, avec les dessins de Patrice Seiler
Age et comportements 2/3
Comme nous l’avons vu il y a quinze jours, le contexte de vie de l’animal a une forte influence sur son comportement. Néanmoins l’environnement et les conditions de développement ne peuvent pas rester les seuls éléments pris en compte, l’âge de l’animal est aussi déterminant.
Pour les personnes qui ont déjà eu l’occasion de voir grandir un chiot dans leur foyer, certains souvenirs des plus ou moins grandes bêtises du « petiot » en plein devenir, sont parfois douloureux.
Depuis le chiot qui mordille tout ce qui passe à sa portée, (objets précieux ou/et utilisés quotidiennement), jusqu’à l’adolescent beaucoup plus intéressé par son statut auprès de ses congénères que par ses maîtres, en passant par au jeune qui cherche à se positionner dans le groupe et n’apprécie pas de se conformer à l’autorité… La vie des propriétaires d’un jeune chien n’est pas toujours un long fleuve tranquille.
Ne pas aller trop vite dans l’interprétation
De là à qualifier les comportements agaçants
(certes), de troubles du comportement, il y a une
déformation des faits qui ne peut pas être faite
consciencieusement.
En effet, il est bien normal pour un individu
juvénile de passer par différents stades, qui font
justement, partie de sa croissance.

Comme un chiot pourrait-il apprendre à être propre, s’il ne fait pas l’expérience de ce que l’on attend de lui ?
Comment apprendrait-il qu’il ne doit pas tout prendre en gueule s’il ne passe pas par l’apprentissage que l’on ne le souhaite pas ?
Comment apprendrait-il à bien vivre avec les humains et les chiens, s’il ne vit pas concrètement les situations ?
Attendre de lui qu’il soit vite grand
Nous avons tendance à être trop pressés, à attendre un chien calme, mature et obéissant dès son arrivée à la maison, mais cela n’est pas possible. Il doit évoluer, apprendre et traverser différents phases.
nous ne pouvons que l’accompagner.
Mieux vaut éviter de réprimander les comportements désagréables, et plutôt prendre les précautions qui s’imposent pour lui donner ce dont il a besoin afin de se construire sereinement : des règles de vie dans la maison, de l’exercice (adapté à sa taille, sa croissance, son âge, ses besoins), de la patience et de la cohérence.
Une fois le développement précoce terminé, l’adulte est enfin posé, agréable à vivre et équilibré. A conditions que les bases solides aient été données auparavant. Dans le cas inverse, il sera tout aussi ingérable qu’un jeune chien fou !
Il prend de l’âge
Quelques années plus tard, arrive le moment de la vieillesse. Comme chez tous les êtres vivants, la patience fait défaut aux vieux chiens, l’irritation gagne et déborde plus ou moins vite, les douleurs physiques peuvent grandement le perturber. N’oublions pas que les chiens aussi ont leur lot de tensions et qu’ils doivent faire face du mieux possible, selon l’âge et l’état de leurs organes.
Ainsi, avant de qualifier des attitudes de « problèmes de comportements » voire de « pathologie comportementale », intéressons-nous à l’intégralité des éléments utiles à une bonne compréhension, sans négliger la question importante de l’âge des individus en présence.
Laurence Bruder Sergent
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Les maladies qui perturbent les comportements des chiens 3/3
Le Docteur Vétérinaire Jacques Millemann,
spécialisé en homéopathie, vient apporter son aide à
notre comportementaliste Laurence Bruder Sergent,
qui nous résume depuis quelques semaines les
origines possibles des problèmes de comportement des
chiens.
Nous l’avons vu dans les articles précédents,
différents facteurs entrent en ligne de compte
lorsque l’on cherche à comprendre les origines des
comportements non souhaités des chiens : elles
peuvent être liées au contexte de vie de l’animal, à
ses conditions de développement et de croissance, ou
à son âge. Toutes ces éventualités peuvent
d’ailleurs se combiner et former un ensemble multi
causal.
La santé est déterminante
Bien
entendu, la santé de l’animal reste primordiale.
Pour éviter de passer à côté d’une cause biologique
et s’assurer que les problèmes de comportement ne
sont pas révélateurs d’un trouble organique, le
vétérinaire doit prendre en compte un certain nombre
de critères.
Le Docteur Vétérinaire Jacques Millemann évoque
quelques hypothèses :
- Les prédispositions raciales, liées à la sélection
de l’Homme : un terrier par exemple élevé pour
chasser renard ou blaireau dans son repaire aura
normalement un caractère plus tenace qu’un retriever
chien de chasse spécialisé dans le rapport du gibier
abattu ;
- les maladies
acquises du fait d’une
mauvaise alimentation, ou d’un dysfonctionnement
interne : les chiens aussi développent des
pathologies qui perturbent toute leur biologie ;
- les accidents, chocs, et leurs suites : la
douleur, le traumatisme, le stress ressentis ont des
conséquences sur l’attitude de tout être vivant ;
- les tares
congénitales, les infirmités, les troubles
sensoriels : un chien sourd ou aveugle, handicapé
moteur ou cérébral n’a pas la même acuité qu’un
individu sain et performant à 100 %. De ce fait,
l’amoindrissement de ses capacités l’affaiblit et
peut l’amener à produire des comportements
adaptatifs différents ;
- les douleurs diverses ont aussi leur rôle : elles
engendrent très légitimement une réaction de
défense ;
- la dégénérescence sénile : comme nous l’évoquions
il y a quinze jours, l’âge venant, nous sommes plus
irritables, moins patients. Les chiens aussi. La
diminution de l’acuité sensorielle (cataracte,
surdité liée à l’âge…) et l’arthrose (ou
dégénérescence articulaire) entraînent une crainte,
de la méfiance voire de l’anxiété ;
- les évènements physiologiques, l’équilibre
hormonal, les parasitismes éventuels (comme gale,
démodécie, verminoses …)…
A la lecture de cette liste non exhaustive, on
l’aura compris, un examen vétérinaire préalable à
une visite chez un comportementaliste est toujours
souhaitable afin d’éviter de passer à côté d’un
problème physiologique.
Laurence Bruder
Sergent
www.comportement-canin.com
avec l’aide du Docteur Millemann